LA VISION DES AUTEURS SUR JEANNE D'ARC

    Au cours des siècles, et principalement à partir du XIXe siècle, la figure historique de Jeanne d'Arc a été reprise par de nombreux auteurs pour illustrer ou cristalliser des messages religieux, philosophiques ou politiques. L'image de Jeanne d'Arc a ainsi fait l'objet depuis la fin du XIXe siècle de récupération par différents partis politiques en l'utilisant dans leurs discours comme argument ou atout en tant que symbole de la patrie et de la liberté.

    Le personnage, dans sa grande complexité, a fasciné les écrivains et les dramaturges à travers les époques. Les pièces les plus connues qui offrent une grande diversité d'interprétation sur la vie de Jeanne d'Arc, ont été écrites par : Shakespeare (Henri VI), Voltaire (La Pucelle d'Orléans), Schiller (La Pucelle d'Orléans), George Bernard Shaw (Sainte Jeanne), Jean Anouilh (L'Alouette) et Bertolt Brecht (Sainte Jeanne des abattoirs). Thomas de Quincey, qui fut l'un des seuls Anglais à prendre la défense de Jeanne d'Arc, a écrit  La Jeanne d'Arc en 1847. Ainsi, tous ces auteurs ont donné une vision mélioratif de ce personnage épique.
 

    En 1762, Voltaire publie un livre, La Pucelle d'Orléans, qui est une parodie du style de l'épopée héroïque. Il s'agit d'un texte, composé de 21 chants, qui produit des effets burlesques et comiques en détournant certaines particularités narratives du genre. Et comme ceci, d'après Voltaire, la monture de Jeanne d'Arc est ainsi un âne ailé (Pégase aux deux longues oreilles), transporte sa maîtresse de façon quasi instantanée aux endroits où sa présence est nécessaire. Voltaire dans sa correspondance ne prend pas au sérieux « tante coglionerie » (« tant de couillonnades ») mais il revient encore au personnage de Jeanne d'Arc en 1775 dans l'Essai sur les mœurs, dans un style différent, mais avec un état d'esprit identique. A travers cette oeuvre, l'intervention de la providence dans l'Histoire. Par ailleurs, pour Voltaire, Jeanne d'Arc n'était qu'une personne mensongère qui racontait des propos incohérents et prétendait entendre les voix de certains saints, notamment saint Michel et sainte Catherine. En effet, pour ce philosophe des Lumières qui dit en passant était déiste, Jeanne d'Arc fut une personne trompeuse qui donna un faux témoignage.

Jeanne entend les voix de saint Michel et de sainte Catherine, par Hermann Anton Stilke

Dans le tableau ci-dessus, nous pouvons voir Jeanne d'Arc agenouillée devant les saints Michel et Catherine. Ce tableau représente Jeanne d'Arc en tant que croyante et pieuse de son temps comme elle affirmait l'être.